Un rapport de l’OCDE, daté de 2017, met en évidence que parmi les 35 pays membres, la France est au 2ème rang pour la consommation des antibiotiques après la Grèce. La consommation est 50% plus élevée que la moyenne et 3 fois plus élevée que celle des Pays-Bas. Après une période de stabilité de la consommation au milieu des années 2000, la consommation en médecine humaine a tendance à augmenter aussi bien en ville qu’à l’hôpital.

Il est vrai que les antibiotiques représentent l’une des découvertes majeures de la médecine du 20e siècle. Ils ont permis de réduire considérablement la mortalité par maladies infectieuses, première cause de décès en 1940.

Cependant, la prescription et l’utilisation massive et répétée d’antibiotiques « en santé humaine et animale » affectent leur efficacité. La raison ? Les bactéries se développent, s’adaptent et résistent de plus en plus aux traitements. Cette apparition des résistances semble inéluctable. D’autant que les antibiotiques, s’ils agissent sur les bactéries pathogènes responsables des infections, ont un impact important sur les bactéries non pathogènes qui colonisent le corps humain et qui composent le « microbiote ». Or la prise d’antibiotique peut altérer ce microbiote pour former un réservoir de bactéries résistantes. Ainsi les traitements antibiotiques sont moins efficaces, de génération en génération.

Pour contrer ce phénomène, une lutte d’ordre mondial s’organise, afin de réduire et de mieux cibler la consommation d’antibiotiques.

Afin de préserver le plus longtemps possible leur efficacité, il est important de limiter leur consommation. Pour cela, les médecins doivent agir et :

  • Distinguer les infections virales—contre lesquelles les antibiotiques n’ont aucun effet– et les infections bactériennes., Des tests de dépistages rapides existent, pour des maladies infectieuses  fréquentes telles que les angines
  • Choisir l’antibiotique le plus pertinent, en évitant ceux à large spectre.
  • Adapter au mieux la cure aux besoins et éviter une prescription trop lourde ou trop longue que nécessaire.

Bien que la situation française reste encore aujourd’hui à nuancer, la multiplication des infections par bactéries multirésistantes et des décès liés à ses infections laissent entrevoir des impasses thérapeutiques de plus en plus fréquentes. Il est donc nécessaire que les professionnels de santé agissent, à leur niveau, afin de contenir cette diffusion.